Jean-Michel GUILLOTEAU

SOLANACEE – PETUNIA : 24 Mai 1999 – (JMG n°1)

Et il se mit tranquillement Ă  dessiner... J'avais l'habitude de faire des petits dessins, des croquis ou autres. En cours, mes factorielles Ă©taient esthĂ©tiques et proportionnĂ©es. Sur les chemins de Saint Jacques, de temps en temps, en prenant des notes, je dessinais un bĂątiment ou le plan d'un site pour m'en souvenir. Sur la route des trappeurs j'en avais fait deux ou trois pages. Quand j'Ă©coute, parle, lis, Ă©cris, travaille manuellement ou fais du sport... je pense! Quand je dessine, c'est diffĂ©rent. Je suis en apnĂ©e ou en apesanteur, comme pour la musique. Ce ressenti, je l'ai dĂ©couvert dĂšs ce n°1. 

 

En regardant des trucs nunuches encadrés, je me suis dit qu'il y aurait aussi de la tolérance disponible pour moi. Le déclic a été cette confiance innée dans l'orchestration de la mise en page. Sur ce premier dessin mon objectif était le pétunia, puis j'ai croqué et flouté la maison en arriÚre plan (avec le merle). Le résultat est plein de maladresses. J'en ai tenu compte au fil du temps.

 

BLEU DE SOLAISE : 30 Mai 1999 – (JMG n°2)

BLEU DE SOLAISE : 30 Mai 1999 – (JMG n°2)

 

BLEU DE SOLAISE : 30 Mai 1999 – (JMG n°2)

 

BLEU DE SOLAISE : 30 Mai 1999 – (JMG n°2)

BLEU DE SOLAISE : 30 Mai 1999 – (JMG n°2)

 

C'est l'aquarelle n°2 de la production... La numĂ©rotation a l'intĂ©rĂȘt de permettre une analyse de l'Ă©volution de la façon de dessiner. La dĂ©couverte de cette activitĂ© plaisante Ă  52 ans a Ă©tĂ© confortĂ©e par un rĂ©sultat qui m'a plu avec cette aquarelle. J'y ai mis de la couleur, de la perpective et... ce que je ressentais. C'est assez prĂ©cis, Ă  mon sens donc. Il y a eu, par consĂ©quent, l'envie de continuer... 

 

« Bleu de Solaise Â» est une variĂ©tĂ© de gros poireaux plantĂ©s dans le petit potager de l'hacienda, bien exposĂ© au soleil levant. J'en ai laissĂ© quelques-uns monter en graine pour les rĂ©colter. Ce potager de 100mÂČ est trĂšs fertile car il recevait tous les engrais organiques de la ferme. Le bĂątiment du fond (maison des oiseaux) Ă©tait une maison pour les ouvriers des anciens fermiers.

 

GROSEILLES : 6 Juin 1999 – (JMG n°3)

GROSEILLES : 6 Juin 1999 – (JMG n°3)

GROSEILLES : 6 Juin 1999 – (JMG n°3)

 

Autre essai... il y en aura beaucoup d'autres. Pour faire une aquarelle mon problÚme permanent est en fait de débusquer un sujet. Et déjà pour cette troisiÚme aquarelle je voulais initier une nouveauté.

 

Ce terrain est un « clos Â» ainsi appelĂ© dans le Poitou car fermĂ© de murs en pierres calcaires sur son pourtour. Il a Ă©tĂ© rebaptisĂ© « verger ». J'y ai plantĂ© une trentaine d'arbres fruitiers qui sont venus complĂ©menter une dizaine de vieux arbres. C'est encore lĂ  que j'habite aprĂšs y avoir fait construire un chalet en 2006 (sur la droite).

 

SANXAY (86) : 7 Juin 1999 - (JMG n°4)

SANXAY (86) : 7 Juin 1999 - (JMG n°4)

 

SANXAY (86) : 7 Juin 1999 - (JMG n°4)

 

SANXAY (86) : 7 Juin 1999 - (JMG n°4)

 

SANXAY (86) : 7 Juin 1999 - (JMG n°4)

 

SANXAY (86) : 7 Juin 1999 - (JMG n°4)

 

SANXAY (86) : 7 Juin 1999 - (JMG n°4)

 

Jolie commune de la Vienne, SANXAY est traversĂ©e par une petite riviĂšre enjambĂ©e par un pont qui donne beaucoup de cachet au village. Il y a un site Gallo-Romain tout prĂšs oĂč des opĂ©ras sont jouĂ©s pendant les belles soirĂ©es d'Ă©tĂ©. 

 

J'Ă©tais sur le petit parking de la piscine, au bord de la riviĂšre. Onze ans ans aprĂšs je suis revenu au mĂȘme endroit (Ă  un mĂštre prĂšs). On peut comparer, c'est la JMG n°74 du 19 Juillet 2010. Le rĂ©sultat est totalement diffĂ©rent. Je les aime bien toutes les deux. Comme quoi le ressenti dĂ©pend de beaucoup de facteurs... Dans quelques annĂ©es je referai un nouveau croquis au mĂȘme endroit.

 

PAVOTS : 8 Juin 1999 - (JMG n°5)

 

PAVOTS : 8 Juin 1999 - (JMG n°5)

 

 

PAVOTS : 8 Juin 1999 - (JMG n°5)

 

PAVOTS : 8 Juin 1999 - (JMG n°5)

 

PAVOTS : 8 Juin 1999 - (JMG n°5)

 

PAVOTS : 8 Juin 1999 - (JMG n°5)

 

PAVOTS : 8 Juin 1999 - (JMG n°5)

 

PAVOTS : 8 Juin 1999 - (JMG n°5)

 

Une des plus moches, elle est carrĂ©ment nunuche. Je me demande comment j'ai fait une aquarelle aussi puĂ©rile. En fait, je ne savais pas faire... et n'ai pas dĂ©couvert tout de suite comment orchestrer un dessin, le croquer et peindre les pĂ©tales. Il fallait ĂȘtre beaucoup plus prĂ©cis. C'Ă©tait plus facile pour moi de dessiner les boutons. 

 

Petite remarque sur le mur du fond. EffondrĂ© comme s'effondrent les vieux murs de pierre calcaire non protĂ©gĂ©s de la pluie au faĂźtage, je l'avais fait reconstruire en gardant la petite fenĂȘtre. La jarre d'huile (de noix) est une rĂ©cupĂ©ration trouvĂ©e dans les bĂątiments de la ferme.

 

L'ABRI DU VERGER : 10 Juin 1999 – (JMG n°6)

VoilĂ  une crĂ©ation personnelle complĂšte. Je voulais un observatoire Ă  oiseaux dans le verger, et puis un abri pour les outils. Dans les magasins c'Ă©tait cher, de mauvaise qualitĂ© et inadaptĂ©. J'ai donc dĂ©cidĂ© de tout faire moi-mĂȘme. Les Ă©lĂ©ments ont Ă©tĂ© construits en kit. Ensuite j'ai fait faire une dalle de bĂ©ton puis ai tout remontĂ©. DerriĂšre on aperçoit la rĂ©cupĂ©ration d'eau et la mangeoire Ă  oiseaux.

 

Il a traversĂ© les tempĂȘtes... J'y ai passĂ© beaucoup de temps. Les oiseaux divers et variĂ©s Ă©taient observables de trĂšs prĂšs. A l'intĂ©rieur c'est confortable et emmĂ©nagĂ© comme dans les cabanes au Canada! L'aquarelle est fidĂšle de tous les dĂ©tails et rĂ©alisĂ©e Ă  main levĂ©e.

 

 

ROSES TREMIERES : 12 Juin 1999 – (JMG n°7)

La terre calcaire doit leur convenir Ă  merveille. Elles poussent bien, font de belles fleurs, plein de graines et se reproduisent facilement. Les vieux bĂątiments ou ruelles sont trĂšs enjolivĂ©s par leurs jolies teintes variĂ©es et pastel. 

 

Il s'agissait de reproduire avec prĂ©cision ce que je voyais. L'exercice me convenait. Pas de photo, de compas, de rĂšgle, ni rien, j'ai toujours choisi d'aller au devant de mes sujets. Partant de zĂ©ro, le rĂ©sultat est encore trĂšs faible. Au bout d'une centaine de dessins çà ira peut-ĂȘtre mieux.

 

 

REINES DES REINETTES : 13 Juin 1999 – (JMG n°8)

Essai sur deux plans, pour donner de la profondeur. Je m'Ă©tais assis dans le verger devant cette branche et je me souviendrai toujours du ressenti de cette espĂšce de plĂ©nitude. L'observation de la beautĂ© de la nature pour la reproduire a quelque chose de magique, mĂȘme si le rĂ©sultat est imparfait.

 

J'ai vite compris en multipliant les dessins que la personnalisation était essentielle. Par exemple ces petites pommes dessinées par dix personnes, cela donnerait dix dessins (tous trÚs beaux) et cependant complÚtement différents.

 

LA MAISON DES OISEAUX : 15 Juin 1999 – (JMG n°9)

Mon habitation Ă©tait une ancienne ferme de polyculture, battage Ă  façon, avec aussi quelques animaux d'Ă©levage. Sur un terrain rectangulaire de 1500mÂČ il y avait des bĂątiments sur le pourtour et aussi cette vieille maison oĂč habitaient les ouvriers agricoles. Quelque peu dĂ©gradĂ©e, elle a du charme et les oiseaux y nichent partout, y compris les Ă©lĂ©gantes hirondelles de cheminĂ©e.

 

Je me souviens avoir eu beaucoup de satisfaction Ă  faire cette aquarelle qui Ă©tait pour moi une premiĂšre... J'essayais d'ĂȘtre prĂ©cis et j'Ă©tais satisfait d'y arriver. C'Ă©tait trĂšs agrĂ©able comme impression. De plus j'avais un grand sentiment de sĂ©rĂ©nitĂ© Ă  capter cet instantanĂ©.

 

 

LA ROSE DE L'HACIENDA : 19 Juin 1999 – (JMG n°10)

Toujours autre chose. AprĂšs l'Ă©chec des coquelicots... je me suis concentrĂ© sur ce rosier et ai choisi le bouton le plus beau. Il faut un dĂ©but Ă  tout. Une si belle rose ne pouvait pas ĂȘtre maltraitĂ©e par un mauvais dessin. Ainsi je me suis appliquĂ© et je ne renie pas le rĂ©sultat. J'aime les fleurs et ma rose prĂ©fĂ©rĂ©e est de la variĂ©tĂ© « OMEGA ». Elle ressemble un peu Ă  cette rose jaune.

 

Petite remarque pour dire que mon choix de sujet d'aquarelle incluait déjà une couleur nouvelle de peinture, presque à chaque fois. C'est un élément du moteur du bonhomme.

 

 

MON REVEIL (X3) : 20 Juin 1999 – (JMG n°11)

Pourquoi pas? Je commençais Ă  chercher des sujets. L'inspiration ce n'est pas si simple, il faut intĂ©grer beaucoup d'Ă©lĂ©ments. Du rouge, pour changer de couleur..., une autre technique du dessin Ă  dĂ©couvrir, du croquis Ă  main levĂ©e (sans rĂšgle). 

 

Ce petit réveil... m'a réveillé pendant trÚs longtemps, le coquin! L'avenir appartient à ceux qui se lÚvent tÎt. C'est ce qu'on dit, bof, je n'ai pas à me plaindre.

 

 

FLEURS DE ROSEVAL : 21 Juin 1999 – (JMG n°12)

La nature est bien faite, belle et surprenante. Ces fleurs sont des fleurs de pommes de terre. Toujours dans l'esprit de progresser et de m'entraßner dans la prise de croquis j'ai décidé de les grossir de quatre fois à peu prÚs. Les couleurs sont assez fidÚles. Je les aime bien.

 

En dessinant je me rappelle avoir beaucoup ressenti le calme et la tranquillitĂ©. Assis dans le petit potager, de temps en temps je levais la tĂȘte pour observer un oiseau, un insecte, mon chien Cliff (assis Ă  cĂŽtĂ© de moi), ou un nuage dans le ciel. Ce vagabondage de l'esprit me convient bien car il intĂšgre la notion d'instantanĂ©itĂ© et le vertigineux sentiment du temps qui passe inexorablement.

 

 

LE PETIT YVERSAY : 26 Juin 1999 – (JMG n°13)

C'est mon premier paysage. On y voit le quartier oĂč j'habite et une partie de Neuville-de- Poitou. Sur la gauche j'ai dessinĂ© le chĂąteau d'eau curieusement plantĂ© en mitoyennetĂ© de l'Ă©glise. Un peu au milieu, ma maison est hachurĂ©e.

 

Adepte et pionnier du jogging j'ai parcouru beaucoup de kilomÚtres dans cette campagne. Je revenais souvent par ce chemin rural dans les champs. Il était donc intéressant pour moi de croquer ce paysage que j'ai connu en toutes saisons et par tous les temps. Depuis, de nombreux lotissements ont changé le visuel de ce paysage, l'urbanisation a rattrappé la campagne.

 

 

PETIT BOUQUET : 27 Juin 1999 – (JMG n°14)

Une aquarelle que j'aime bien. Ce sont des fleurs du jardin mises en un petit bouquet et dans un pot de yaourt. C'Ă©tait agrĂ©able Ă  dessiner car les formes sont diffĂ©rentes, de mĂȘme il y a presque toutes les couleurs possibles. 

 

Pour la profondeur du champ j'ai compris qu'il fallait une atténuation des couleurs avec un dégradé. En ce qui concerne les tiges dans l'eau je pense avoir trouvé la solution pour restituer avec précision ce que je voyais.

 

 

VERANDA : 30 Juin 1999 – (JMG n°15)

Pour l'achat de la maison, mon dĂ©clic a Ă©tĂ© le volume des dĂ©pendances nombreuses, la configuration en hacienda et puis cette vĂ©randa au charme surannĂ©. En face, Ă  gauche il y a l'entrĂ©e et le prĂ©au pour les voitures. Au milieu, derriĂšre la mangeoire Ă  oiseaux il y avait l'Ă©curie pour deux chevaux et un grand hall oĂč j'ai fait plusieurs rĂ©unions de quartier de 80 personnes.

 

J'ai essayé de restituer tous les détails possibles pour m'initier au travail des aventuriers (!) avant la photographie. Mon Cliffoune commençait à vieillir. Les rhumatismes le faisaient souvent changer de position. Il était toujours autour de moi.

 

 

TOURNESOL DU POTAGER – 3 Juillet 1999 – (JMG n°16)

Voilà un beau tournesol pirate dans le jardin potager. Il est issu d'une graine certainement transportée et perdue par un oiseau. Le sujet m'intéressait car j'ai une attirance particuliÚre pour cette fleur aprÚs ma découverte des tableaux de Van Gogh.

 

A droite il y a mes différentes variétés de tomates. Je faisais des essais avec des graines qui venaient d'un peu partout y compris des USA. On voit les étiquettes informatives sur les piquets.

 

MA GAUCHE MAIN – 4 Juillet 1999 – (JMG n°17)

C'est un essai. Je me demandais comment j'allais faire. Mon souhait ultime étant de faire des portraits, il me fallait un entraßnement. Donc je me suis lancé. Le croquis a été assez facile à faire. J'avais la main sur une nappe et comme je suis droitier c'était parfait. Pour les couleurs c'est venu tout seul, avec les nuances.

 

J'ai tenu Ă  avoir au poignet cette montre que j'aime bien et que j'ai portĂ©e trĂšs longtemps, de moins en moins maintenant (je ne suis pas du tout bourge/bling/bling). Je la garde mĂȘme si elle reste dĂ©sormais dans un tiroir. Un jour, un de mes Ă©lĂšves de terminale m'a dit que j'Ă©tais riche... avec une si belle montre ! Quelle idĂ©e...

 

 

ALTHAEA – 14 Juillet 1999 – (JMG n° 18)

Il y avait énormément de fleurs et d'arbustes à la maison, donc j'avais le choix. Avec deux gros Althéas disponibles j'ai pu choisir quelques jolies fleurs avec toutes les étapes de la croissance. Ainsi on voit les boutons, l'éclosion, les fleurs épanouies et les fleurs fanées.

 

Ce massif était planté prÚs du poulailler de l'ancienne exploitation et des nombreux clapiers pour plus d'une centaine de lapins. Sur le mur au-dessus il y a des boulites... Ce sont des trous qui permettent aux moineaux de nicher. C'est amusant.

 

CLIFFOUNE – 17 Juillet 1999 – (JMG n°19)

Voilà Chivas du Conte de Rose-Croix plus connu sous le nom de Cliffoune. C'est Jean-Luc Savary le meilleur spécialiste français de la race des bergers allemands qui me l'a procuré. Jean-Luc avait passé une annonce à Bordeaux et je cherchais un chien berger allemand. On a fait connaissance. J'avais déjà eu un berger allemand et la race m'intéressait.

 

Il a Ă©tĂ© la crĂšme des chiens et a donnĂ© beaucoup de bonheur autour de lui. Jeune il m'accompagnait dans mes joggings. Une fois, trĂšs tĂŽt le matin, au fin fond de la campagne, je me suis foulĂ© une cheville. Personne en vue... Il ne m'a pas quittĂ© d'une semelle et me lĂ©chait le pied. J'ai eu l'impression que c'est ce qui m'a permis de repartir. Il a vĂ©cu quinze ans, a Ă©tĂ© endormi sa tĂȘte contre moi, paisiblement, et euthanasiĂ© un peu aprĂšs sans souffrance.

 

MES BIBLES – 22 Juillet 1999 – (JMG n° 21)

A destination de mes petits enfants bientĂŽt Ă©tudiants (ou pas) j'ai eu l'intention de lister mes bibles, c'est Ă  dire les livres structurants qui m'ont formĂ©s. 

 

La liste dessinĂ©e n'est pas exhaustive, je lis beaucoup. On peut dire que c'est une idĂ©e de ce qui m'a marquĂ© et formĂ©. A rajouter : la quasi totalitĂ© des productions complĂštes de Michener, PĂ©an, Follet, CĂ©line, Yoshikawa, Lamartine, Grosmann, Sajer, Wolfe, Ysorni, Mazoyer, Tacite... et beaucoup d'autres car je suis vraiment Ă©clectique. Mes 5 fondamentaux incontournables sont « Le Prince » de Machiavel, « La RĂ©publique de Venise » de Diehl, « L'art de la guerre » de Sun Tsu, « Le Devisement du monde Â» de Marco Polo et « L'histoire des agricultures du monde du nĂ©olithique Ă  la crise contemporaine » de Mazoyer. TrĂšs structurant aussi : le tableau synoptique de l'histoire du monde ( en bas Ă  droite), pour l'humilitĂ© qu'il procure.

 

HEMEROCALLE – 24 Juillet 1999 – (JMG n°22)

Comme celle des pavots-coquelicots je n'aime pas du tout cette aquarelle nunuche. J'avais choisi de la faire pour peindre du vert et je n'ai pas rĂ©ussi Ă  ĂȘtre prĂ©cis dans le feuillage, Ă  rendre ce que je voyais. Il faudra que je recommence. J'ai bien fait de ne pas la dĂ©truire au motif de pouvoir constater mes faiblesses pour pouvoir les corriger. 


Ce massif issu d'un (petit) godet Ă©tait au bord de l'accĂšs Ă  la maison. TrĂšs vite il est devenu envahissant et Cliffoune venait s'y mettre Ă  l'ombre et s'y rafraĂźchir.

 

RECOLTE – 26 Juillet 1999 – (JMG n°23)

L'idĂ©e Ă©tait de faire une nature morte... Celle lĂ  aussi j'ai failli la dĂ©truire, je la trouvais vraiment moche et puĂ©rile. Puis je me suis convaincu qu'elle m'aiderait ultĂ©rieurement Ă  me perfectionner. J'ai dĂ©couvert que c'est difficile de se dĂ©juger et de gommer deux heures de concentration. 

 

Le temps a passé et puis je suis moins sévÚre. J'ai reproduit exactement ce je voyais, des fruits cueillis au verger : amandes, pommes, poires et plusieurs sortes de prunes. J'aime bien!

 

Reines de Mai – 27 Juillet 1999 – (JMG n°24)

Ces reines de Mai sont des laitues montées en fleurs. Je récupérais les graines. Pendant plusieurs années j'ai été autonome pour ces salades que l'on consomme... en Mai comme le nom l'indique. En Mars je mettais une graine dans des godets individuels, puis je brumisais fréquemment, et au bout d'un mois le plant était repiqué, début Avril. La production commençait vers la mi-Mai.


Un mot sur la difficultĂ© Ă  dessiner ces fleurs de salade qui sont trĂšs Ă©phĂ©mĂšres. Entre le moment oĂč je les dessinais au crayon et oĂč je les peignais... elles avaient changĂ© de forme et de couleur. Je n'allais peut-ĂȘtre pas assez vite... C'Ă©tait rigolo.

 

 

LE JARDIN DE NIHIL – 29 AoĂ»t 1999 – (JMG n°25)

Nihil donc parce que ces deux petits massifs qui se suivent (il y en a trois en tout) sont le fruit de mon labeur de terrassier. La terre était polluée. J'ai creusé sur prÚs d'un mÚtre de profondeur pour remplacer la terre par du terreau «FertiligÚne» : 20 sacs (publicité gratuite).


C'est un peu fouillis. DĂ©concentrĂ© par la rentrĂ©e scolaire et la rĂ©union imminente des profs au bahut j'avais un peu la tĂȘte ailleurs. Je venais d'ĂȘtre bombardĂ© prof principal des bacs technos.

 

IPOMEES DU CANADA – 1er Novembre 1999 – (JMG n°26)

CarrĂ©ment moche. Le rĂ©sultat est nul... Il me semble que j'aurais dĂ» pour une fois dĂ©truire ce dessin trĂšs mal peint et en refaire un autre immĂ©diatement et au mĂȘme endroit.

 

C'est toujours pareil. Lorsque je ne suis pas satisfait d'un dessin, je le regarde avec plus de tolérance un ou deux jours aprÚs. Pour cette raison j'hésite toujours à déchirer la page. Cela ne m'est jamais arrivé. Celui là pourtant l'aurait mérité.

 

LE SAPIN DE PISE – 30 Avril 2000 – (JMG n°27)

AprĂšs la grosse tempĂȘte de 1999 il y avait toujours des tĂ©moignages de la violence du vent. Ce sapin a subi les assauts rĂ©pĂ©tĂ©s d'Eole sans capituler complĂštement. Il est toujours vivant 10 ans aprĂšs, avec la mĂȘme inclinaison sauf que les pousses dĂ©sormais sont verticales. C'est maintenent un sapin tordu. 

 

Devant j'ai dessinĂ© l'abreuvoir des bestiaux de la ferme reconverti en rĂ©serve d'eau pour le potager puis en Ă©levage pour poissons rouges. C'Ă©tait tellement attractif pour les enfants que j'ai rĂ©alisĂ© un vrai grand bassin Ă  poissons, avec pont, jet, et tout et tout, carpes KoĂŻ etc... Aude y a mĂȘme plongĂ© du pont (juste avant le dĂ©part pour Toulouse...).

 

ANCOLIES, MYOSOTIS ETC – 01 Mai 2000 – (JMG n°28)

Pour dessiner ce joli petit vase en étain, ce qui était mon objectif, j'ai cueilli quelques fleurs disponibles. Ce n'était pas évident pour moi. Et puis finalement je ne renie pas le résultat. Il me semble que l'étain est correctement restitué.

 

Les ancolies sont de ma production à partir de graines. Depuis, chaque année, j'en retrouve un peu partout car les graines se dispersent et choisissent le meilleur terreau.

 

IRIS ET MON PIED – 14 Mai 2000 – (JMG n°29)

Voici une aquarelle de mon « top ten » personnel. Je m'Ă©tais installĂ© tranquillement au soleil prĂšs du petit muret qui sĂ©parait le potager du coin aux bouleaux et du bassin Ă  poissons. Il y avait un massif d'iris que j'aimais bien. Pour les dessiner et ĂȘtre Ă  l'aise j'avais calĂ© mon pied sur le muret. Au fur et Ă  mesure j'ai voulu (Ă  Ă©chelle infinitĂ©simale) faire comme Magritt. J'ai dessinĂ© ce que je voyais, et donc aussi mon pied.

 

J'avais mes chaussettes blanches approvisionnĂ©es en achats massifs (Ă  vil prix) chez DĂ©cathlon. Dix ans aprĂšs, c'est toujours pareil, j'ai toujours des chaussettes blanches (renouvelĂ©es annuellement) du mĂȘme fournisseur. Le rĂ©sultat me plaĂźt beaucoup. J'achĂšterai cette aquarelle pour mon bureau!

 

ARTICHAUT ET ESCARGOT – 12 Juin 2000 – (JMG n°30)

Toujours le potager, source d'inspiration prolifique. Ce coin ensoleillé à 180° était un espÚce de refuge tranquille, calme et agréable protégé de l'extérieur par un haut mur. J'ai adoré m'y installer pour dessiner des légumes ou autres.

 

Contemplatif de nature, je passais de longs moments à observer la croissance des végétaux. L'artichaut était pour moi un légume de Bretagne ou de Macau. En avoir dans le jardin, c'était sympa... dont acte. Sur la gauche, le pied de rhubarbe a beaucoup régalé en tartes.

 

BOF... - 25 Juillet 2000 – (JMG n°31)

BOF, L'ACARIATRE – 25 Juillet 2000 – (JMG n°31)

 

Le portrait c'est un truc difficile et cependant passionnant. Il faut travailler beaucoup pour arriver à un résultat.

 

Pour y arriver çà a été coton. Ultérieurement j'ai voulu détruire ce croquis. Finalement je l'ai gardé comme tous mes mauvais dessins car j'ai du mal à ne pas conserver de témoignages, fussent-ils pénibles.

 

«50 FRANCS» LE ROULEAU – 27 Juillet 2000 – (JMG n°32)

« 50 FRANCS Â» LE ROULEAU – 27 Juillet 2000 – (JMG n°32)

 

C'est trĂšs simple. Dans ma recherche permanente de nouveaux sujets innovants j'ai pensĂ© Ă  la tapisserie. Le choix de ces quelques fleurs et feuilles de couleurs diffĂ©rentes s'est fait dans un environnement oĂč j'ai plantĂ© beaucoup de vĂ©gĂ©taux.

 

Finalement je trouve que le résultat est rigolo. Pour mon prochain voyage à Honolulu je me ferai faire une chemise et un maillot de bain avec ce motif.

 

BON VIEUX POMMIER CASSE – 5 AoĂ»t 2000 – (JMG n°34)

Comme son nom l'indique c'est un pommier qui donne d'excellentes pommes et c'est un vieil arbre. De plus il est cassĂ©, oeuvre du temps qui passe et de la tempĂȘte. Je ne me suis pas rĂ©solu Ă  l'abattre car c'est un refuge Ă  insectes, Ă  oiseaux, il produit toujours et... je l'aime bien. Avec un vieux noyer et plusieurs cerisiers « Guignes » il Ă©tait dans le verger lorsque j'en ai fait l'acquisition.

 

Pour pérenniser la production de ce pommier, j'ai fait greffer plusieurs portes-greffes par un spécialiste (Jahan à Chùtellerault) qui sont maintenant de tailles significatives (+ ou - 3m à 7 ou 8 ans). Les premiers fruits sont désormais récoltables. Ce sont des pommes juteuses et sucrées à manger en Août et Septembre. Miam.

 

BANLIEUE D'YVERSAY (86) – 7 AoĂ»t 2000 – (JMG n°35)

Ce ne sont pas des immeubles de banlieue sensible mais des bottes de paille. Sur cette plaine travaillaient, au minimum, une trentaine d'agriculteurs entre les deux guerres jusqu'en 1950. Et puis l'exigence de la productivité a contraint au remembrement, phénomÚne de ranching et d'augmentation de surface des parcelles. On a coupé les haies, les pauvres noyers qui bordaient les chemins, saturé la terre d'engrais, de désherbants sélectifs et défoliants, trucidé la bio-diversité.

 

Le petit nombre d'opĂ©rateurs qui reste est majoritairement constituĂ© de nouveaux professionnels qui n'ont plus de points communs avec les anciens agriculteurs. Ce sont des ingĂ©nieurs, financiers ou industriels intĂ©grĂ©s de plus en plus dans de grandes firmes de l'agro-alimentaire. « Ubi solitudinum fascient pacem appelant Â» (in Tacite, Agricola). OĂč ils font un dĂ©sert ils disent qu'ils font la paix...

 

ROND-POINT DES FLEURS – 12 AoĂ»t 2000 – (JMG n°36)

Dans cette vieille demeure agricole aux bĂątiments multiples et variĂ©s les constructions se sont rajoutĂ©es aux constructions au fil du temps. C'est difficile Ă  dater, peut-ĂȘtre XVIIIĂšme... peut-ĂȘtre plus vieux encore, certainement. J'ai retrouvĂ© des araires, des outils trĂšs anciens et des vieux chandeliers.

 

La cave Ă  vin et le pressoir, un peu plus modernes, mais de l'avant guerre... Ă©taient le lieu d'une production assez consĂ©quente d'une piquette de gamay/cabernet... Elle a Ă©tĂ© consommĂ©e car je n'ai retrouvĂ© que de belles et Ă©paisses bouteilles artisanales vides. Je me suis servi d'un contenant de raisin, en chĂȘne, utilisĂ© pour les vendanges afin d'y mettre des fleurs. Ça faisait un rond-point.

 

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AU BORD DE LA VEZERE – 15 AoĂ»t 2000 – (JMG n°37)

Ce nouveau carnet d'aquarelles Canson que j'initie est d'un format un peu plus grand (24x37,7) toujours en 300g/mÂČ. Çà me change... puis finalement, aprĂšs cet essai je suis revenu ensuite au format prĂ©cĂ©dent (21X29,7) auquel j'Ă©tais habituĂ©, lorsque j'ai eu terminĂ© ce carnet. 

 

Ici c'est un joli coin au bord de la VĂ©zĂšre. Je m'essayais sans trop de succĂšs Ă  dessiner des eaux vives. Il faudra que je persĂ©vĂšre. Lorsque j'ai montrĂ© cette aquarelle Ă  Claude Besse, sympathique collĂšgue enseignante de GuĂ©ret, elle m'a dit ĂȘtre propriĂ©taire des quelques bois en bordure...

 

SEGMENT DE DELPHINIUM – 19 AoĂ»t 2000 – (JMG n°38)

Je me suis demandé comment reproduire cette jolie fleur bleue de delphinium. Il était possible de faire le massif, d'y associer d'autres espÚces en bordure, de faire une seule fleur... et puis j'ai choisi au plus simple, d'en faire un bout de la tige.

 

Anecdote, je m'en souviens toujours, une abeille est venue assurer son labeur et butiner devant mes yeux ébahis. On aurait dit un bombardier. Elle avait les flancs chargés de pollen. C'était rigolo.

 

PLAT POITOU – 20 AoĂ»t 2000 – (JMG n°39)

C'est typique du nord du dĂ©partement de la Vienne. Une campagne qui se dĂ©truit elle-mĂȘme par une recherche de productivitĂ© avec des techniques toujours plus abiotiques. C'est le paysage que je vois de mon bureau au chalet. Environ 120m d'altitude. Comment je me suis enterrĂ© lĂ ?

 

Les petits bosquets verts, à droite, ont maintenant disparu. Bof. J'ai déjà expliqué cela dans l'aquarelle JMG n° 35.

 

PORTE DE SAINT MARTIN – 25 AoĂ»t 2000 – (JMG n°40)

Petite église romane typique du Poitou, dans la commune de Charrais. J''ai trouvé cette entrée bien belle, sauf que j'ai raté complÚtement le dessin. La voûte et les arcs sont bien trop écrasés.

 

Souvent lorsque c'est possible je me camoufle pour dessiner, car les curieux viennent carrĂ©ment se pencher sur mon carnet. C'est amusant il y a beaucoup de gens qui veulent discuter. Pour ce dessin oĂč j'Ă©tais face Ă  la porte, j'ai fait la connaissance de la dame qui entretient l'Ă©glise, une avocate trĂšs sympathique et connue Ă  Poitiers.

 

MAÏS TRANSE DE GENIE – 27 AoĂ»t 2000 – (JMG n°41)

VoilĂ  le drame : des maĂŻs qui font tous 2m50, o.g.m., pas un qui dĂ©passe, sur des hectares et des hectares, arrosĂ©s en permanence Ă  partir des nappes phrĂ©atiques de la collectivitĂ© et fruits d'une semence certifiĂ©e et codĂ©e des grands groupes agro-alimentaires mondiaux. 

 

SincÚrement c'est terrifiant. Comment a t'on pu laisser faire cela? Il est loin le temps de mon enfance dans les Landes (1955) avec des champs clairsemés et de toutes les hauteurs. Autosuffisance alimentaire? Pas si sûr... et de moins en moins. Wait and see.

 

VIEILLES PIERRES AUTOUR DU VERGER-7.2001(JMG n°43)

 

EntrĂ©e de mon verger. Toutes ces vieilles pierres sont des pierres calcaires cimentĂ©es avec une espĂšce de terre glaise. Les murs s'effritent facilement avec l'humiditĂ©, en se salpĂȘtrant. C'est joli au premier coup d'oeil mais çà ne rĂ©siste pas Ă  l'analyse et encore moins au temps.

 

Les rongeurs, reptiles, oiseaux, insectes divers et variés font tous de ces murs un gruyÚre pour se planquer et passer l'hiver.

 

JE VOUS ECOUTE – 22 Juillet 2001 – (JMG n°44)

Toujours dans l'objectif de m'entraĂźner afin de faire « du visage » j'ai dĂ©cidĂ© de dessiner mon oreille. Pour y arriver et ĂȘtre tranquille dans l'observation j'ai fait un petit montage avec deux bouts de miroirs.

 

Le rĂ©sultat me convient. On voit mĂȘme mes fines lunettes ansi que le tee-shirt que j'affectionnais et que je mets encore... pour les gros travaux.

 

BILLAUD GRAINS A 79 THOUARS-24 Juillet 2001-(JMG n°45)

Au centre de l'aquarelle il y a des bĂątiments verts avec une bande jaune. C'est une usine de fabrication de graines pour oiseaux d'une capacitĂ© de production de 40.000 tonnes/an. J'ai Ă©tĂ© le consultant Ă  l'origine de ce projet sur ce site et j'ai accompagnĂ© plusieurs annĂ©es son dĂ©veloppement avec Paul BILLAUD, le gĂ©nial fondateur. C'Ă©tait un complĂ©ment financier Ă  mon activitĂ© d'enseignant. 

 

On a beaucoup travaillé, voyagé un peu partout et toujours dans la bonne humeur. Un gros souci a été une infestation de charançons (par nos produits) chez un client de grande surface dans un des plus gros entrepÎts du nord parisien, dantesque. J'ai piloté la défense de l'entreprise. Epique...